lundi 12 septembre 2011

Sortie tranquille

Bonjour

Jeudi c'était ma première sortie avec mon ami Patrick du club; nous n'avions pas roulé ensemble depuis plus de trois mois. Soit il était en vacance dans les îles lointaines, soit j'étais sur mon défi; le mois de mai a été utilisé pour ma récupération.
Vous trouverez en fichier joint le parcours.


Vendredi je suis retourné vers certains lieux que nous avons pris la veille cette fois ci avec mon appareil photo, je ferai un peu plus tard un compte rendu.

Lettre de mon ami Louis

Madame, Monsieur,
Dans le cadre de la découverte du patrimoine français, la société Diago-vélo a le plaisir de vous informer que vous avez été choisis, parmi des millions de candidats, pour profiter d'une semaine de repos et de détente dans une ville magnifique à tous points de vue, Perpignan.
A cette intention, la municipalité vous donnera l'occasion d'inaugurer le Pont Joffre, entièrement rénové et toujours existant, contrairement aux allégations absurdes de certains esprits mal informés.
Vous pourrez aussi dépenser votre argent au magasin Casino ou le faire fructifier en jouant à la roulette dans l'établissement du même nom.
Ensuite une visite s'imposera aux magasins Décathlon, où vous sera offert un stage d'initiation à la réparation de roues, qui auraient eu le malheur d'être voilées dans un choc quelconque.
Vous serez reçus et logés à l'hôtel... de Police dont les fonctionnaires auront eu à coeur de vous réserver la meilleure chambre à ... l'ombre.
Surtout vous pourrez apprécier l'amabilité, le zèle et l'honnêteté des employés de la gare qui se mettront en quatre pour vous servir de guide dans tous les recoins, même dans la cave.
L'association Ecolo-marche se propose de vous accompagner sur un circuit pédestre merveilleusement tracé, constitué notamment de petites buttes d'herbes et de ronces.
Pour mieux vous faire visiter la ville d'une position élevée et apprécier ses divers agréments, la société Mercédès mettra à votre disposition un poids lourd, de préférence un camion de livraisons, en espérant toutefois que vos oreilles délicates ne seront pas blessées par les cris désagréables d'in individu ignoble, appelé cycliste, qui aurait l'outrecuidance et la sottise de venir percuter l'arrière de votre véhicule.
Enfin la société Cofiroute vous montrera, preuves à l'appui, comment la ville de Perpignan est bien desservie : pour y entrer comme pour sortir, elle a créé partout des quatre voies, supprimant du même coup les routes nationales et départementales, jugées inutiles à son goût.
Pour couronner le tout, Télécom vous proposera l'utilisation gratuite d'une ligne téléphonique qui vous permettra de joindre à tout moment votre fille chérie Marie restée à Brest et lui faire part de votre enthousiasme sans cesse renouvelé devant les merveilles de cette ville si accueillante : PERPIGNAN.
Monsieur Louis RIOUAL PDG Honoraire de la Société Diago-vélo

Perpignan Brest

Etape 8

Maintenant c’est un peu l’inconnu. La traversée de Nantes. Il faut dire que cette ville a fait un gros effort pour faciliter la circulation des vélos, il y a des pistes cyclables en nombre suffisant, de plus mes propres repères sont très bons, en une heure je suis au bourg d’Orvault. Je ne calcule plus, sinon je risque fort de me démoraliser, « ne rien lâcher, plus maintenant ! ». Je ne connais pas trop la route vers Fay-de-Bretagne, alors j’essaie de tempérer et je vais avoir raison, sur ma route, je rencontre quelques difficultés bien de chez nous « vain dieu » ; la partie Fay de Bretagne Redon est déjà plus difficile, je m’inquiète car la suite jusqu’à Rostrenen ne sera pas de tout repos non plus. C’est vraiment une route compliquée mais St Nicolas de Redon pointe son nez ; après une descente, une ligne droite m’amène à Redon ville contrôle. Je pense avoir dépassé le panneau indicateur de Redon, j’arrête devant un bar-restaurant, j'y valide mon passage, mais une fois de plus, la personne que j’ai devant moi doit se demander ce que je fais là ; avec beaucoup de gentillesse je lui explique que je fais actuellement une diagonale en vélo de Perpignan à Brest et que dans certaines villes, je dois faire valider mon passage par l’obtention d’un tampon sur mon carnet que je lui montre. Honnêtement j’ai l’impression de parler à un mur. Bon, je sais, je parle très vite mon épouse me le reproche souvent : « respire, articule ». Je suis sur le point de reprendre mes explications, quand enfin il saisit mon carnet, il le feuillette ; j’espère qu’il ne va pas tout lire, règlement, consignes… Il reste encore trente secondes silencieux, je suis sur le point de reprendre mon carnet et d'aller voir ailleurs. Je perds mon temps inutilement. Enfin il y accole son tampon ; je reprends mon bien je le remercie et je sors rapidement pour reprendre mon chemin. La route de Redon à La Chapelle-Caro s’élève mais pour le moment rien de dramatique. Cela augmente progressivement ensuite jusqu’à Josselin, prémices de ce qui m’attend. C’est justement dans cette partie que je sens mon genou ; malgré tout, je continue, car je veux être à Josselin rapidement. Avant de quitter la ville je prends une demi-baguette et je mets de la pommade sur mon genou. Je profite aussi pour prendre un cachet. Si les premiers kilomètres sont relativement calmes, le reste change. Je suis contraint de ralentir un peu, de jouer avec les pignons, je serre les dents, ce n’est pas maintenant que je vais craquer. Avant Pontivy je fais un arrêt, j’en profite pour souffler un peu, je décide d’envoyer un message à trois personnes «sans dire où je suis, je sens l’écurie » « PRÉTENTIEUX ». Je reconnais que je n’ai jamais été aussi proche de la fin, en arrivant à Pontivy. Je pense que le pire de cette partie de route est encore devant moi. Louis m’avait dit : « tu verras, c’est joli par là mais ça grimpe aussi ». Il n’a pas tort j’ai choisi la route touristique qui mène à Rostrenen mais je perds mon temps. A mi chemin je suis contraint à un nouvel arrêt, j’ai mal aux jambes ; en plus j’ai voulu tirer sur mon cuissard, quelle douleur ! J’ai le sentiment de m’arracher la peau en même temps. J’ai très mal, je descends du vélo, je retire aussi mes chaussures, mes pieds aussi sont à l’agonie ; d’ailleurs je pense laisser dans mon aventure un ongle du pied gauche. Vraiment je me suis mal levé, depuis le début. En plus je n’ai toujours pas d’escalope pour la partie de mon corps qui repose depuis huit jours sur ma selle. Fin de la partie humour. C’est là que je décide de ne pas rentrer dans les temps ; de toute façon je le savais depuis un moment. J’envoie un message à une personne « la paille va attendre ». Pendant une demi-heure, je m’allonge sur l’herbe, heureusement il fait beau. Je considère qu’il y a des signes qu’il faut prendre très au sérieux, cet arrêt est pour moi primordial non seulement pour mes jambes au mon postérieur mais aussi et surtout pour mon moteur, une petite douleur de ce côté m’inspire à faire preuve de prudence et à attendre qu’il retrouve un rythme plus normal ou presque. A noter « ne pas oublier de prendre rendez-vous avec le cardiologue ». La minute médicale est finie. Il faut repartir. La route est inchangée mais je me sens un peu mieux sauf mon postérieur mais bon c’est bientôt terminé. Avant mon arrivée à Rostrenen je sens le portable qui vibre dans ma poche, je ne me préoccupe aucunement de lui ; si c’est mon épouse elle sait que dès mon arrêt je téléphonerai, donc pour le moment il me faut finir cette partie. En arrivant devant le panneau je prends mon vélo en photo.
Je regarde rapidement qui m’a envoyé un message ; c’est Yvan qui veut savoir où je suis. Je lui réponds et j’appelle mon épouse également ; elle est fière, heureuse bien que je ne sois pas encore à Brest. Pour elle, je viens de réaliser un exploit énorme. Je suis heureux, fatigué; je la rassure, je ne suis pas déçu. Il y a trois ans je n’aurais pas misé un cent, ni un euro sur un tel résultat. L’important est de finir. Je range mon portable et en route pour Maël Carhaix. En passant dans le bourg je revois le sas de la banque où, pendant le Rennes Brest Rennes, je m’étais endormi avec deux autres cyclos, fervents promoteurs des diagonales ; seulement aujourd’hui il n’est pas question de s’arrêter. Carhaix enfin, maintenant je connais bien la route, ce fut mon terrain de jeux pendant quelques sorties de préparation. Je dose mon effort en fonction des montagnes russes pour arriver au pied du Roc Trevezel. Bien que la route soit accidentée, je la trouve ennuyeuse comme à chaque fois. Si j’avais été dans les temps, j’aurais fait un détour vers Poullaouen et Huelgoat, mais ce n’est plus d’actualité. A partir de l’intersection pour rejoindre La Feuillée et jusqu’au croisement pour aller vers le Roc Trédudon, la pente s’accentue ou du moins le pourcentage se modifie considérablement ; je gravis cette partie en moulinant ; de toute façon je n’ai pas trop le choix. Je continue le reste du Roc à la même vitesse jusqu’au pied de l’antenne où je m’arrête. Je me prépare pour ma dernière soirée sur mon vélo, un peu de pommade sur le genou et encore sur les cervicales. Je sais que je vais avoir de la descente mais il est inutile de se faire mal et d’attraper froid. Commana est vite atteint : deux petits faux plats et ensuite descente vers Sizun. Là, comme lundi je poste ma carte dans la boîte aux lettres contre le café. Comme à mon arrivée à Perpignan, je ne peux pas profiter des derniers kilomètres pour savourer, car après Sizun la route n’est pas des plus facile. Mais ce n’est plus très grave maintenant, il faut juste que je garde encore des forces pour tout à l’heure. En rejoignant Landerneau dans la longue descente, je souffle, je m’étire. Après Landerneau, je prends la même route que pour l’aller en direction de Guipavas. Je sais que cela sera dur, et je ne serai pas déçu, car à la sortie de la ville de Landerneau j’ai un mur devant moi, je suis plus en équilibre qu’autre chose mais je monte doucement. À mon départ dans l’autre sens j’avais trouvé mon vélo lourd mais dans ce sens ci j’ai un poids lourd sous moi qui pèse quinze tonnes. La première difficulté franchie les autres vont suivre gentiment. J’arrive à Guipavas, à droite il y a une clinique, plus loin sur la gauche il y a la gendarmerie et à la sortie de la ville, il ne me reste plus que dix kilomètres. « Courage, Vincent ! », mais c’est difficile, car les jambes ne répondent pas comme je le souhaite ; tant pis, je n’ai qu’à mouliner. Du bourg à ma délivrance je compte encore, deux difficultés, une maintenant à la sortie jusqu’au Froutven et l'autre la route de Paris. Enfin c’est la pancarte BREST.
Le délai est passé mais pas de beaucoup ; la descente de la rue Jaurès se fait entre les travaux, puis place de la liberté, le cinéma du même nom, la poste sur ma droite et à gauche « Rue Colbert » terminus. Je pose mon vélo et je vais dans le commissariat. L’agent est occupé avec une personne qui a été agressée, ses yeux tuméfiés en témoignent, j’attends mon tour, plus rien ne presse maintenant. L’agent saisit mon carnet, il m’indique l’heure, j’acquiesce, il me pose le tampon de la fin de ma diagonale. Je lui souhaite une bonne fin de service, tandis que lui me demande si je pars ; ma réponse arrive instantanément, avec le sourire :
« Non ! Je vais me coucher maintenant, bonne nuit ! »
En sortant du commissariat je téléphone à la maison, ma femme me demande si je veux qu’elle vienne me chercher.
« Non ! Je suis parti de la maison en vélo, je rentre en vélo, à tout de suite. Bisous ! »
En arrivant à la maison, mon épouse est là qui m’attend ; elle n’a pas de drapeau à damiers avec elle, mais elle fait le geste de la fin ; ma fille aussi est présente, sans oublier le chien qui ne tient plus en place ; d’ailleurs c’est le seul qui va accepter que je l’embrasse pour le moment, car mon épouse et ma fille veulent que je me rase d’abord ; depuis huit jours c’est plutôt piquant. Je laisse mon vélo dans l’entrée ; demain il fera jour. Je retire mes sacoches, mon casque, mes chaussures. Ma fille me prend en photo;
Toutes les deux s’exclament : « mais tu as au moins 60 ans là-dessus ». Comme l’ordinateur est allumé sur le forum je poste un mot vite fait puis je cours dans ma douche, je me rase, et seulement maintenant je peux prendre ma femme dans mes bras ; ma fille me prend de nouveau en photo.

Je mange avec plaisir ce que ma femme m’a cuisiné, puis je me couche enfin dans mon lit, au chaud, en me disant :
« Demain tu dors ! »
Merci à tous ceux qui on suivi mon périple, encouragé, soutenu quand j’ai eu mon souci. J’allais oublier ; Yvan, non ce n’est pas fini, il y a beaucoup de longues randonnées à faire encore. Au total des deux diagonales 2168km.

Perpignan Brest

Etape 7

En arrivant à Bergerac, fort tard où fort tôt, tout dépend que l’on soit pessimiste ou optimiste (et pour le moment je suis optimiste), sur mon chemin, je fais une rencontre incongrue pour moi, père de famille, je croise trois jeunes, le plus âgé doit avoir treize à quatorze ans et le plus jeune pas plus de dix ans. Je ne suis pas là pour faire l’éducateur, mais je ne peux qu’être en colère contre les parents irresponsables de ces enfants. Cependant je chasse rapidement cette montée d’adrénaline inutile, source d’épuisement de mon énergie, pour le moment je n’en pas de trop. Mes amis les camions se font plus présents à l’approche de Mussidan. Cela ne me plaît pas trop, heureusement sur ma route, je vois une banque qui jusqu’à présent a toujours été ouverte pour moi, là encore le sas s’ouvre. Je m’installe pour une petite heure au chaud. Avant de repartir, je change les piles dans ma frontale et à l’arrière, puis je prends la direction de Ribérac pour rejoindre la ville contrôle Montmoreau de St Cybard. J’essaie de trouver un commerce ouvert. Rien, c’est incroyable ! C’est vrai nous sommes lundi, mais tout de même, je note sur mon carnet « photo tout est fermé ». Je trouve finalement, à la sortie de la ville, une station-service, je pointe là mais je n’ai encore rien avalé et ce n’est pas bon. Direction la D 674, mais c’est encore un mauvais choix, car la route est très fréquentée par les camions et autres, mais que faire sinon rouler, serrer ma droite le plus possible, patienter pour arriver à Angoulême qui ne déroge pas à la règle car elle est tout en hauteur, ce qui s’appelle hauteur. Ma première préoccupation est de trouver un commerce ouvert ; mon choix se porte sur une petite épicerie. J’achète deux bananes et une bouteille d’eau. Je savoure mes bananes, je les mâche longtemps jusqu’à en faire de la bouillie pour éviter des soucis d’estomac ; ensuite, je bois en faisant attention de ne pas arriver à saturation. Je peux reprendre la route vers Rouillac et Martha, mais cette route toujours identique m'épuise; j’espère qu’après St Jean d’Angély, ville contrôle, en prenant la direction de Niort, tout cela va changer. Une nouveauté dans ma diagonale avant d’arriver la haut à St Jean, il pleut, pas beaucoup, mais assez pour me convaincre de me protéger en m’habillant plus chaudement ; mais je commets une nouvelle erreur, car ensuite je risque d'avoir trop chaud. Je pointe dans une station. La patronne, intéressée, veut savoir d’où je viens et où je vais ; nous parlons des difficultés et efforts : justement, la Charente pas si plate qu’on le croit. J’appelle de nouveau à la maison et, sans plus attendre, je prends la direction des Deux-Sèvres et de Niort. Je trouve enfin une route plus clémente avec moi : c’est génial. Mais avant de trop souffrir j’effectue rapidement un massage sur mon genou et mes cervicales, quoique celles-ci semblent moins me faire souffrir. C’est formidable, car je réussis à pédaler même sur le grand plateau, je fais aussi l’amère constatation que je suis un éternel insatisfait, les lignes droites sont longues et fatigantes, j’ai hâte de voir le panneau de la ville ; quand j’arrive, il fait encore jour. Il faut que je me décide : soit je dors dans un jardin public si j’en trouve un tout proche, soit je roule. Après avoir téléphoné à mon épouse, je décide de rouler en direction de Fontenay Le Comte.
En partant de Niort je trouve facilement la route qui doit m’emmener vers ma nouvelle ville étape, c’est sans compter avec les bureaucrates, car la route est interdite aux vélos. Mais ce n’est pas grave, je trouve la piste cyclable ; mais au fur et à mesure que j’avance, la piste cyclable devient piste tout court. Il y a de moins en moins de goudron et des nids de poule de plus en plus nombreux et plus gros. La ténacité, un peu la colère aussi, me font retrouver une route normale. Sans relâche je pédale, je lutte un peu contre un coup de mou ; pour le moment il est gérable. Fontenay est atteint ; encore un effort pour arriver à la prochaine ville contrôle Sainte-Hermine ; j’y suis avant la fermeture des bars. Justement sur ma route, il y a un dans lequel j’entre. Quelques clients encore présents me regardent puis se regardent également: ils sont en train de se demander qui est ce cycliste qui roule à cette heure là : sûrement un fou. Le patron accepte de me servir un café et de pointer mon carnet. De bonne grâce je réponds aux questions, j’accepte bien volontiers les cafés qui me sont offerts. Je cherche un endroit tranquille pour une sieste réparatrice, je reste en tout deux heures dans un sas de banque, quel fainéant je suis ! Il faut repartir, l’idéal pour moi est d’arriver tôt pour traverser Nantes ; c’est en tout cas mon désir, je m'enduis de pommade le genou, et les cervicales. Je fais un rapide calcul, c’est quasiment mission impossible, mais foi de breton cette fois je compte bien aller voir si comme, un certain jeudi du mois d’août 2007 entre Loudéac et Tinténiac, une personne me faisait la réflexion « tu as encore des ressources et tu les ignores ! ». Cette fois je compte bien aller au bout, ne rien lâcher. Les premiers tours de pédales sont un peu difficiles mais rapidement j’imprime une bonne cadence ; pour le moment je ne croise pas trop de camions. J'apprécie beaucoup de rouler de nuit car on ne voit pas le profil ; mais selon les sensations, on peut régler les pignons. Enfin, j’aperçois de la lumière : est-ce St Fulgent ? c’est Chantonnay ; il faut continuer « ne rien lâcher », ne pas penser au temps qui passe. Je continue dans la nuit qui est de plus en plus perturbée par les feux des camions ; au fond de moi j’ai hâte à ce soir ou demain matin, quand je serai à la maison. Je reste concentré. Cette fois-ci, les lumières au loin sont celles de St Fulgent ; je suis dans les temps que je me suis donné, ce qui me rassure. Ensuite je vois un panneau qui indique Montaigu 17 km ; c’est plus que ce que j’ai sur ma feuille de route, il faut toujours avancer « ne rien lâcher », tant que mon genou tient il faut appuyer sur les pédales. Tout à coup, un autre panneau annonce « St Georges de Montaigu », ce qui me ramène au bon kilométrage. Je dépasse ces villes ; sur la route je ressens bien que j’arrive bientôt dans une autre plus grande, car la circulation devient de plus en plus dense. Pour le moment tout roule comme je le souhaite, je suis presque survolté. Je trouve la fin un peu longue, mais en arrivant aux Sorinières j’ai quinze minutes de retard sur ma prévision. Sur la rue principale je trouve un bar, je valide mon carnet et j’avale un café et deux croissants.

Perpignan Brest

Etape 6

Ce matin avant de partir je me mets de la pommade sur les cervicales, qui sont douloureuses ; je prends aussi un anti-inflammatoire car hier en me couchant j’ai ressenti une douleur au tendon. Avant de m’endormir je regarde de près ma route ; l’épisode de Perpignan avec mon arrivée par une pénétrante interdite aux vélos m’a échaudé. J’ai un sérieux doute pour prendre la D 6113 et ensuite la D 813, je décide de faire un détour par Salles sur l’Hers et St Michel de Lanés. En arrivant à Gardouch, je croise un cycliste qui prend un petit chemin qui longe un canal, je fais comme lui. Il me dit que par là je rejoins la périphérie de Toulouse, quand je lui demande comment s’appelle le canal, il me répond le « canal du midi ». C’est magnifique, calme, les seuls engins que je croise sont des vélos. Je profite pour regarder le paysage : devant une écluse, il y a des péniches, je ne peux pas poursuivre sans les avoir prises en photo.

Puis c’est moi-même que je photographie : quelle tête j’ai ! Je reprends mon petit bonhomme de chemin. En arrivant effectivement près de Toulouse, je continue sur ma route initiale, j’arrive à Blagnac, où je m’arrête dans une boulangerie m’acheter une banette ; sur la place je savoure mon pain, car cet après midi je risque fort de ne rien trouver d’ouvert. Je rencontre des difficultés à suivre ma route en raison des travaux pour la construction d’une ligne de tramway. Un cycliste me rejoint ; nous parlons de mes pancartes puis je lui demande la route pour Grenade. Il se propose de me servir de guide ce que j’accepte bien volontiers ; quelle sottise ! pour le suivre, je dois appuyer un peu plus sur mes pédales ; quand il me laisse seul sur la bonne route, je ressens une douleur au genou gauche. Elle sera ma compagne durant le reste de ma diagonale ; en plus mon tendon se réveille aussi. Je dois réduire mon allure pour calmer tout cela. Sous le panneau de Grenade, je pose mon vélo pour la traditionnelle photo.
Je double mon contrôle en pointant chez une fleuriste de l’autre côté de la route ; il y a un banc sur lequel je m’assieds. Au téléphone, j'explique à mon épouse les différents évènements, je lui parle aussi de mes douleurs ; elle m’invite à plus de prudence à l’avenir, mon fils me conseille de faire des étirements, m'engage également à la prudence et me souhaite du courage. Je reprends doucement la route mais à Verdun sur Garonne je dois à nouveau m’arrêter, mon genou est douloureux, je décide de mettre la pommade que j’ai achetée à Perpignan et je prends aussi un cachet ; j’attends entre dix et quinze minutes puis je repars. Est-ce l’effet de la pommade ou du cachet, mais cela va mieux, je peux rejoindre Castelsarrasin. Je fais également la rencontre de dizaines d’abeilles, de guêpes, enfin d’insectes qui bourdonnent, en passant devant un vignoble. Plus j’avance, plus je me rapproche de ma hantise, car après Moissac, je pars à la rencontre des pentes avant Lauzerte, je sais que je ne suis pas au bout des difficultés qui continuent vers Montaigu sur Quercy, ce sont des pentes à plus de 12% par endroit et c’est ainsi sur plus de 16 km. Pour rejoindre Tournon d’Agenais, le profil est identique, je suis en train de ruiner mon capital d’endurance, la portion qui va me conduire à Monflanquin n’est pas meilleure, mais j’avance.
Je téléphone à mon épouse, « je suis cramé, j’en ai marre de cette route, je suis au bout du rouleau ». Elle me conseille de bien me reposer, mais je suis condamné à pédaler sinon les carottes sont cuites ; toutefois, je prends le temps de mettre de la pommade sur mon genou et mes cervicales. Comme j’aimerais que le profil de la route s’adoucisse un peu, mais entre le rêve et la réalité il y a un monde. En allant vers Villareal les choses ne s’améliorent pas, au contraire. Dans le centre ville, je trouve une place où je vais pouvoir me préparer pour la nuit ; auparavant je cherche une maison pour demander de l’eau, je dérange une personne âgée pendant son repas, je m’excuse, elle accepte bien sûr, sans avoir au préalable proposé de mettre du vin. Je la remercie, mais l’eau me va très bien, sinon la route risque d’être encore plus chaotique. Je quitte ma bienfaitrice, mais cette question lancinante : « jusqu’où vais-je pouvoir aller ? » me taraude l’esprit. Je poursuis ma route encore vers Issigéac ; c’est impossible d’aller plus loin, je dois trouver un endroit pour dormir un moment. Je n’ai aucun lieu qui puisse me convenir. Je me dirige alors vers la poste. Il y a un préau pour abriter les voitures en stationnement ; je trouve aussi un banc :
« Voilà ton lit pour ce soir, mon gars ! »
J'installe mon casque en guise d’oreiller et je défais ma couverture de survie. Je me protège comme je peux, mais le vent s’infiltre, j’ai du mal à m’endormir, mais la fatigue est trop forte, je ne peux résister plus longtemps. J’entends bien des personnes qui passent près de moi, un chien vient aussi, heureusement sans agressivité ; une heure plus tard, je tremble de partout. La décision est prise : en route vers Bergerac.

Perpignan Brest

Etape 5

Il est 04H15 quand je me réveille ; je me prépare tranquillement. A 04H45, je commence à pédaler en direction de l’hôtel de police ; mais il est protégé par un rideau de fer ; je me dis :
« Non ! Je ne vais pas devoir attendre huit heures quand même ? »
Mais non, il y a un panneau qui le dit clairement :
« En cas d’urgence, sonnez ! »
C’est une urgence, j’ai un rendez-vous important avec moi-même. Je sonne et le rideau se lève, non pas par magie, mais un jeune agent de police me reçoit. Il me semble fatigué. Il doit l’être vraiment car il n’en revient pas d’avoir devant lui un énergumène en tenue de vélo qui lui demande non seulement un tampon mais aussi une signature. Il doit chercher pour voir s’il n’y a pas une caméra cachée car il regarde autour de moi puis dehors. Alors je lui explique en quelques mots le principe du départ d’une diagonale en vélo ; pour le rassurer je sors le carnet de l’aller pour qu’il puisse voir que le jeudi soir ses collègues m’avaient apposé le tampon et la signature. Pendant qu’il obtempère, je lui demande la route pour sortir de Perpignan en vélo. Il m’explique que je dois chercher le pont Joffre : c’est facile, dit-il, car il suffit de faire demi-tour pour prendre le cour de Lazare Escargel, de monter toujours tout droit et au casino de prendre sur la gauche. Je pars comme il m’a gentiment expliqué pour ma deuxième diagonale ; je prends le cour ; jusque là, pas de soucis ; mais ensuite j’ai un problème : je ne sais pas si je dois monter ou non, et, surtout pendant la nuit quelqu’un a fait disparaitre le casino et, en plus, sans prévenir la police !... Dans les rues de la ville, je cherche un casino, au moins l’indication du pont Joffre. Je dois l’avouer maintenant, je ne trouverai jamais ce pont ni maintenant ni plus tard, mais patience. Je trouve sur ma gauche une pancarte « aéroport ». J'y suis passé devant à l'aller. Il me suffit donc de prendre la même direction.
Mais c’est alors que survient un incident dramatique : un camion me double et s’arrête au feu rouge. Je prends la même direction. Le camion avance lentement puis il s’arrête un moment; en regardant sur la gauche je vois un autre camion à l’arrêt. Je pense donc que celui qui me précède doit manœuvrer pour passer. C’est à ce moment que je vois qu’il recule sur moi. Cela ne sert à rien de crier, il ne m’entendra pas ; je fais vite pour passer l’avant du vélo et moi-même sur la gauche ; je ne comprends pas, il continue. S’il regarde dans son rétroviseur, il doit me voir. Je ressens un léger choc à l’arrière de mon vélo : mon porte-bagages est de travers ; je l’aligne de nouveau, j’essaie de rouler et là, patatras, ma roue arrière touche. Je ne suis plus du tout calme à ce moment précis. Le conducteur du camion descend comme si rien ne s'était passé. Nous allons avoir un échange vif et surtout non constructif. Finalement il m’ignore et fait sa livraison comme si je n’étais pas là. Que faire ? Téléphoner à la police ? Mais je n’ai pas de témoin, et surtout elle ne viendra pas. Je pourrais dire que je suis blessé, mais ce n’est pas le cas, je pourrais même être accusé d’outrage à agent, de faux témoignage, mais j’ai assez d’ennuis pour le moment. Mon cerveau ne réfléchit plus. C’est pour moi une énorme déception, j’envoie des messages pour annoncer la fin prématurée de ma diagonale. Là dessus, deux jeunes Perpignanais passent près de moi ; l’un d’eux regarde mon vélo, les pancartes ; il s’arrête et me demande si je suis breton ; devant l’affirmatif, il appelle son copain et je vais avoir droit au jugement traditionnel :
« Nous revenons de Brest, nous aimons les Bretons, mais c’est bizarre un breton à jeun ! »
Je préfère ne pas répondre, et que dire?
« Mais oui, c’est bien sûr ! Que voulez-vous que nous buvions d’autre ? Notre eau est pleine de nitrate et d’algues vertes. »
Enfin, ils se mettent à chanter ; je n’ai pas trop envie de les accompagner, ils partent. Il ne me reste plus qu’à retourner vers la gare SNCF ; je vais m’apercevoir au comble de ma colère que j’ai tourné en rond. Je suis à moins d'un kilomètre de l’hôtel de police et de la gare SNCF. Le guichet de la gare est fermé et une affiche indique « GRÈVE ». Toutefois, il y a une personne au guichet « accueil » ; je lui demande si elle pense que cela va s’ouvrir, elle n’est pas certaine ; c’est la catastrophe. Je suis là comme un oiseau blessé dans la gare avec mon vélo. Je décide de prévenir mon épouse, à 06H15. Sa première réaction est de savoir si je suis moi-même blessé et la deuxième c'est « j’arrive ». Elle, qui ne voulait pas faire 1100 kms en voiture, n’hésite pas une seconde. En passant, elle récupère notre fils aîné ; ainsi ils seront deux pour conduire. J’erre dans la gare ne sachant quoi faire. Je finis d’envoyer mes messages de fin. Je me rends dans le café de la gare de l’autre côté de la rue. Je veux trouver un endroit pour mettre mon vélo. Je demande au barman ce service, mais il ne veut pas prendre la décision. Il m’envoie vers le patron à qui j'explique mon aventure et surtout ma galère ; il accepte immédiatement et demande au barman de m’ouvrir la porte de la cave ; celui-ci va s’exécuter de mauvaise grâce. Je retourne vers la gare SNCF, hagard ; je retrouve mon banc ; des messages arrivent ; je réponds. Ainsi je dis à Yvan que je vis très mal ce moment, que je considère comme un échec profond et que c’est le glas des longues randonnées à vélo. Je n’arrive toujours pas à réfléchir convenablement. Je m’endors d’épuisement pendant une demi-heure environ. À mon réveil, mon cerveau fonctionne bien de nouveau ; que je suis stupide ! Car il existe sûrement un magasin de vélos à Perpignan. J'appelle mon autre fils afin qu'il me trouve le numéro du magasin Décathlon. Il m’envoie par SMS le numéro, j’appelle le magasin, j’explique mon problème au responsable des cycles qui me dit de venir tout de suite et qu’il va tout mettre en place pour résoudre ma galère. Le moral remonte : enfin une bonne nouvelle dans ce monde cruel ! Ha ! Ha ! Ha ! Je téléphone à mon épouse ; mon fils, qui décroche, ils sont déjà à Nantes, mais pas encore sur l’autoroute ; je lui dis qu’il faut qu’ils attendent et que j’essaie de réparer mon vélo. Je retourne au café de la gare où tout à l’heure j’ai eu le sentiment que le barman n’avait pas apprécié que le patron accepte de mettre mon vélo dans la cave ; je lui demande donc avec gentillesse, quand il aura un moment de libre, de m'accompagner pour me permettre de reprendre mon vélo. Je dois patienter dix bonnes minutes avant qu’il me demande d’aller devant la porte de la cave. Quand il arrive, j’ai droit à un discours auquel je ne m’attendais pas : ce sera vingt euros. Le pauvre, il ne sait pas encore, mais je déteste ce genre de tentative d’extorsion d’argent ; il va en être pour ses frais, je lui rappelle que j’ai demandé un service et pas obligatoirement payant. Après cet échange d’aimables paroles, je pars à la recherche du magasin Décathlon, que je trouve facilement grâce aux indications du responsable. Le technicien, auquel il me conduit regarde mon destrier blessé et m’assure qu’il peut arranger ma roue. Il y passe un long moment, mais au final il me rend mon vélo avec un petit commentaire :
« Voilà, je vous ai rendu la roue la plus droite possible ; vous allez pouvoir reprendre la route, mais à Brest il sera prudent de la changer. »
Je suis heureux. Arrivé dehors, je téléphone à mon fils pour lui dire que je rentre en vélo. J’envoie des messages pour annoncer la nouvelle. Bien que j’ai sept heures dans le nez, je repars.
Il est midi, mais l’épopée de Perpignan n’est pas encore finie. Comme je n’ai visiblement rien compris ce matin, je retourne au commissariat pour demander ma route. Cette fois-ci, je ne cherche plus un casino mais le tribunal. Je dois être stupide ou idiot et visiblement je ne comprend pas le français... je tourne en rond. Etant donné que le pont Joffre a été démoli la nuit dernière, et qu’il me faut tout de même en trouver un, le premier venu fera l’affaire. Ensuite j’ai entendu parler du CHU et il y a un panneau qui indique la direction ; c’est bon : j’y vais. Puis je lis « Moyen Vernet », mais ce n’est pas encore la sortie de Perpignan, sinon ce serait tellement facile ; au contraire c’est une entrée sur les quatre voies. Il faut donc faire demi-tour. Je trouve une route qui semble passer par-dessus, je l’emprunte : ouf ! C’est la délivrance, mais non, j’ai cru trop tôt, c’est un cul-de-sac. Je vois bien de l’autre côté, la route et l’aéroport et, comme ma patience à des limites, je décide d’entrer dans un champ de vigne ; au bout il y a un taillis avec des ronces : ce n’est pas grave. Je le franchi, puis encore une petite butte ; qu’à cela ne tienne, je porte mon vélo, la route est là tout à côté, mais auparavant je dois passer sur des rails puis encore une butte des ronces, et enfin c’est la route. Cette fois-ci l’épisode de Perpignan est terminé.
Mon seul désir est d’atteindre Estagel pour poster ma carte et ainsi commencer ma remontée vers Brest. Tout d’abord, il faut que j’évacue toute ma colère ; alors comme je fais souvent, je laisse sur le bord de la route mes soucis ; comme je dis, je formate mon disque dur. J’arrive presque soulagé dans le bourg d’Estagel ; à la poste j’accomplis mon devoir de diagonaliste : je poste ma carte postale puis je donne un rapide coup de téléphone à ma fille pour qu’elle annonce mon passage et « vogue, Vincent ». La route jusqu’à St Paul de Fenouillet est en montée ; il fait très chaud ; je m’arrête dans le centre-ville pour avaler une boisson fraîche, mais il me faut repartir « Ne pas perdre trop de temps » sera le leitmotiv du retour. Dès la sortie de la ville en direction de Rennes-les-Bains, la route s’accentue inexorablement ; je vais devoir gérer cette longue montée jusqu’à Burgarach. Ensuite la descente est douloureuse, je n’arrive pas à rester en ligne sur mon vélo, mes cervicales se réveillent lorsque j’arrive à Rennes-les-Bains, je m’arrête sur la place du village, il fait chaud. Je profite pour remplir mes gourdes mais surtout je téléphone à la maison ; au son de la voix de mon épouse, je sais qu’elle est en colère ; alors je lui dis de libérer sa colère, légitime par ailleurs, car elle est fatiguée : elle vient de faire 600kms en voiture. J'apprends aussi que notre fils n’avait pratiquement pas dormi, il ne pouvait donc pas conduire et pour couronner le tout j’avais fait capoter un rendez-vous qu’elle avait en matinée. Elle me demande une énième fois si je n’ai rien eu le matin et puis si ma roue va tenir. Il est temps pour moi de reprendre la route ; je vais rejoindre Couiza puis une longue descente pour chercher Limoux. Ensuite le profil est beaucoup moins favorable jusqu’au prochain contrôle. Je m’arrête sur le bord de la route pour m’équiper afin de ne pas être surpris par la nuit bien que j’ai encore du temps devant moi. Je m’aperçois à ce moment que, depuis hier soir, je n’ai rien mangé, tant pis, je vais devoir attendre le lendemain. Je repars tranquillement. Nous sommes samedi soir, déjà des voitures me doublent à vive allure et des « Vas-y fainéant, pédale ! » fusent des véhicules. Quoique qu’il advienne, je dois m’arrêter pour le début de la nuit au moins. J’opte donc pour un arrêt à Castelnaudary, où j’arriverai tout à l’heure. En arrivant devant le panneau de Lasserre Prouille je décide de prendre mon vélo en photo sous le panneau pour le contrôle.
Je repars très vite pour rejoindre Villasavary puis c’est de la descente. En arrivant à Castelnaudary, je trouve un endroit pour passer la nuit. Je m’endors pour la dernière fois dans un lit au chaud. La prochaine fois ce sera mardi soir et dans mon lit cette fois.

Peprpignan

Le vendredi 16 était prévu pour la récupération, mais je dois régler mes problèmes d’éclairage et de douleurs cervicales. Pour l’éclairage, la solution est très vite résolue. Pour mes douleurs je me rends dans une pharmacie ; je suis reçu par une charmante personne à qui j’explique mon souci et qui me conseille une pommade, avec humour :
« C’est aux mollets que vous devriez avoir mal »
« Combien de temps avez-vous mis pour venir de Brest ? »
« Je suis parti lundi matin et je suis arrivé hier, quatre jours. »
« Oh ! Mais alors vous avez eu le temps de faire du tourisme ! »
Je pars en riant et lui souhaite une bonne journée. Je retourne dans ma chambre pour me masser la nuque et les cervicales. Je m’allonge et m’endors aussi facilement qu’un bébé. Quand je me réveille, il est plus de midi, je n’ai pas faim, je sors tout de même pour prendre l’air et un café. Avant 14H00, je fais déjà la sieste et je tombe même dans un sommeil profond, car il est 18H00 quand j’ouvre les yeux. Il me faut trouver maintenant un restaurant ; mon choix se porte sur une pizzéria. Je dîne d’une énorme part de lasagne. Je profite pour écouter les infos et enfin je comprends l’histoire de fameux nuage qui cloue au sol tous les avions ; ce soir, je m’endormirai plus instruit. À 20H00, je suis dans ma chambre, je prépare mes affaires pour le lendemain ; un petit coup de téléphone à la maison et extinction des feux à 22H00.